travail et salariat

Critiquer la société capitaliste, c’est bien, réclamer un autre monde possible, c’est légitime, mais tout cela restera incantatoire si nous ne disons pas ce que cet autre monde sera.


Covid 19 et vaccin

vendredi 14 janvier 2022 par José-Manuel Rincon

La leçon à tirer de la pandémie de la Covid-19, c’est qu’elle met en relief l’incapacité manifeste des autorités à y faire face, et les conséquences néfastes qui s’ensuivent sur la santé des populations, l’économie et la société en général.

Cette incapacité ne se circonscrit pas à la pandémie, mais elle est un révélateur de l’incapacité générale de l’élite dirigeante à proposer une voie susceptible de nous sortir de la crise que nous traversons ; crise climatique, contamination de l’air, de l’eau, de la terre, destruction du tissu économique, c’est-à-dire des bases même de la vie avec à l’autre extrême une minorité d’ultrariches qui s’enrichissent toujours plus à chaque « crise économique ».

La proposition du vaccin, comme remède miracle, est symptomatique de cet état d’esprit qui est de croire qu’à tout problème il y a une solution technique : vous avez une maladie, prenez tel médicament ; les voitures contaminent l’air, mettons des catalyseurs ; l’industrie pollue prenons des mesures qui souvent restent lettre morte. La proposition est constamment la même, prenons des mesures sur les effets, mais jamais sur les causes et, si possible, rejeter sur la population la responsabilité des atteintes à l’environnement et à la santé.

Comment trouver des solutions, si les autorités refusent de s’attaquer aux causes qui nous déstabilisent et qui mettent nos sociétés en péril, et les causes, tout le monde en convient, sont notre modèle économique prédateur, au service d’une petite minorité, l’oligarchie financière, qui s’est emparé des États et des médias, en corrompant les politiciens et les journalistes, les mettant ainsi à leur service.

L’État n’a plus la capacité de jouer son rôle d’arbitre entre les différents intérêts qui traversent nos sociétés et les médias ne peuvent plus informer objectivement les citoyens. De cette manière, nous sommes entraînés dans une voie sans issue : l’État est devenu un instrument qui échappe aux citoyens, qui les soumet, qui déclenche des guerres de rapine aux conséquences humaines effroyables, qui détruit la nature et donc l’humain.

Il y a un consensus, admis par la communauté scientifique, qui veut que la destruction de la nature, l’agriculture intensive et surtout l’élevage des animaux dans des fermes gigantesques, dans des conditions pitoyables et en les gavant d’antibiotiques, suppriment des barrières entre les virus et les humains : c’est donc là que les autorités doivent agir, mais elles ne le feront jamais, tant elles sont soumises aux intérêts des investisseurs. Dans ce cadre la proposition du vaccin, présentée comme la solution, est typique de cet état d’esprit incapable, et on le comprend, de réfléchir de manière systémique. De plus, la proposition du vaccin cadre bien avec la logique économiciste dominante. En effet, ces mêmes investisseurs qui, en détruisant l’équilibre de la nature, sont responsables de l’émergence de la pandémie de la Covid, nous proposent le vaccin, qui devient ainsi une nouvelle source gigantesque de gain.

L’État, de nouveau, laisse la place libre aux entreprises pharmaceutiques et de recherche privées, mais aussi les subventionne largement : des entreprises, souvent condamnées pour fraude et autres pratiques douteuses – voir le cas de Pfizer en tapant sur un moteur de recherche-, qui sont plus soucieuses de faire des bénéfices que de la santé des patients, sont les principales bénéficiaires. La proposition de l’UE de prendre en charge les éventuels effets secondaires des vaccins, signifiant ainsi que le contribuable européen sera en définitive l’éventuelle victime et en plus le payeur ; la décision de ne pas révéler le prix que l’État paie pour le vaccin est du même tonneau. Un avenir radieux pour les investisseurs, mais qui sème le doute dans la population !

Il ne s’agit pas de rejeter les vaccins -bien que les vaccins à ARN suscitent le doute des scientifiques indépendants quant à l’efficacité et les conséquences à long terme sur la santé- mais de comprendre que le problème n’est pas résolu par une piqûre, qui n’est qu’un moyen dans toute la panoplie des mesures à prendre, et elles seront prises dans la mesure où les citoyennes et citoyens comprendront qu’ils doivent se réapproprier les instruments démocratiques et s’approprier de leur travail, actuellement soumis à l’intérêt d’une minorité de bénéficiaires.

L’industrie pharmaceutique et la recherche doivent devenir publiques, soumises aux intérêts des patients et non pas aux intérêts des spéculateurs. Tous les autres aspects de l’économie, ainsi que du politique, doivent se soumettre aux intérêts de la population. C’est à nous, citoyennes et citoyens, travailleuses et travailleurs, créateurs des richesses, de nous approprier ce qui est à nous et d’en disposer dans le respect de la nature et des êtres humains.