travail et salariat

Critiquer la société capitaliste, c’est bien, réclamer un autre monde possible, c’est légitime, mais tout cela restera incantatoire si nous ne disons pas ce que cet autre monde sera.


Les PME dans la tourmente financière à la suite du Covid19

mardi 23 février 2021 par José Rincon

Les PME fournissent autour de 80 % des emplois et, pour cette raison, elles sont, du point de vue des travailleurs, une composante essentielle dans le système économique. Or, dans le système ultralibéral, les PME ne sont qu’une composante stratégique, qui peut être restructurée en fonction des intérêts des grandes entreprises ; comme les multinationales et les institutions financières, d’ailleurs, la frontière entre celles-ci et celles-là sont chaque jour plus floues.

Dans la course, folle et sans sens, aux bénéfices du grand capital, les PME deviennent ainsi les victimes expiatoires du sacrifice imposé à toute la société, afin d’augmenter la masse de capitaux aux mains d’une infime élite, qui laisse derrière elle des sociétés brisées et dans la misère.

Le Covid19 ne fait qu’accentuer et accélérer la crise existante et, sans tomber dans le complotisme, nous pouvons constater que la pandémie, si on admet qu’elle n’a pas été provoquée, donne néanmoins des opportunités à l’élite économique dirigeante qui, sans scrupules, fait de son mieux pour forcer la restructuration des PME pour à bénéfice.

La restructuration des PME conduira à la fermeture de certaines d’entre-elles et au rachat d’autres, afin de concentrer les activité les plus rentables. Cette politique amène inévitablement comme corollaire, un chômage massif qui se rajoute à celui déjà existant depuis la dernière crise de 2008.

Propositions des autorités occidentales et du Conseil fédéral

Les propositions du Conseil fédéral, comme celles des États occidentaux, pour pallier la crise, se résument à faire porter le sacrifice sur les épaules des travailleurs, des contribuables et des PME ; cependant absolument rien n’est exigé de l’élite économique. Maniant l’ironie jusqu’à ses dernières limites, elles proposent aux institutions financières de bien vouloir accorder des prêts aux PME, avec la garantie de l’État, ainsi l’État se débarrasse de sa responsabilité et met aux mains des banques l’avenir de son économie et du pays.

Cette politique de privatisation de l’État, le mettant ainsi au service de l’élite économique, ne suscite aucune réaction parmi les partis politiques et syndicats institutionnels, qui ne réagissent pas ou se taisent, ce qui revient au même.

Notre proposition

Afin d’éviter le démantèlement des PME et de prendre la défense des emplois, nous devons affirmer la nécessité de défendre les PME à travers de véritables politiques sociales et économiques, qui mettent à contribution les élites économiques.

- une PME ne devra pas rembourser ses dettes auprès des banques, tant que ce remboursement met en péril la viabilité de l’entreprise et donc des emplois.

- les loyers ne seront pas versés aux institutions financières propriétaires d’immeubles, si les versements de ces loyers mettent en péril l’entreprise et donc des emplois

- nous devons exiger que l’État ne se laisse pas substituer par les banques, dans l’octroi de crédits aux PME, puisqu’il peut le faire avec un outil à sa disposition, a Banque cantonale de Genève

- nous devons exiger de l’État qu’il surveille que les éventuels crédits accordés le soient dans l’intérêt des PME et non pas dans celui des banques.